Le loup, révélateur de l’absurdité de nos choix ?

Un article vient de paraître sur le site Geo.fr que voici : « Il va falloir apprendre à coexister avec les loups ».

Cet article ne peut que m’interpeler, pour plusieurs raisons :

 

  • D’abord et avant tout, parce que j’aime cet animal, encore libre, faisant fis de toutes les réglementations et des frontières que l’homme s’invente et impose. Il s’adapte à son territoire et n’agrandit sa meute qu’en fonction des ressources qui s’y trouvent. Plus de renseignements sur ses comportements en allant sur ce site , ou bien d’autres sur internet.
  • Parce que je suis allée à une conférence donnée pendant le salon Lurrama à Biarritz en 2017 et que la région invitée était la région PACA, avec la problématique du loup dans le Mercantour. Et bien, j’y ai appris des choses qui m’ont interpellée, moi, l’amoureuse des loups :

Sans vouloir faire un plaidoyer pour les bergers, je résume brièvement ce qu’ils ont pu constater :

  • Depuis le retour des loups dans le Mercantour, de nombreuses attaquent ont eu lieu la nuit. Les bergers ont donc regroupé leurs troupeaux le soir. Les attaques se sont alors produites de jour.
  • Afin de palier aux attaques, les bergers ont pris des patous avec eux (chiens de troupeaux des Pyrénées). Efficaces dans un premier temps, les loups se sont adaptés et créent désormais des diversions pour attirer les patous d’un côté et attaquer de l’autre, durant la journée. Sans parler de la problématique des patous à gérer pour les bergers : en tant que protecteur du troupeau, ils protègent ! Et si des marcheurs s’approchent un peu trop près, ils continuent à protéger !!! Je vous laisse imaginer la suite : les attaques de randonneurs, de traileurs où de famille en proie à l’envie de caresser le gentil toutou tout blanc…
  • Les tirs fictifs, d’effarouchement, juste pour faire du bruit, ont été autorisés. Et les loups ont vite compris que ça faisait beaucoup de bruit, sans aucune autre conséquence.
  • Les tirs de loups ont été votés (voir ici le plan loup 2018-2023-100 pages !  https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Loup-et-activites-elevage_2018-2023.pdf ). Et c’est là que ça se corse et que l’aberration apparaît :

Ces fameux tirs de loups sont effectués par des personnes habilitées à le faire, reconnues légalement, mais pas forcément bergers pour autant ; les bergers ayant, eux, l’interdiction de tuer un loup dans un parc national ou une réserve naturelle. Mais le plus grave, c’est que ces fameux tirs de prélèvement s’effectuaient sur le terrain, alors même qu’aucune attaque n’avait eu lieu, au hasard de la rencontre, le loup tué n’ayant peut-être jamais chassé dans les troupeaux de sa vie de loup, se contentant de chasser du gibier sauvage, effectuant alors à juste titre son rôle naturel de régulateur.

OU DONC ETAIT L’ACTION PEDAGOGIQUE ? Car, vous l’aurez bien compris, le loup est intelligent, très intelligent et comprend vite, très vite.

Dans le nouveau plan loup, il semblerait que cela ait été modifié, sauf pour les parcs nationaux et les réserves naturelles, où se trouvent bons nombres d’éleveurs-bergers et tous les troupeaux partis en estive…

A partir du moment où les tirs de loup sont réalisés lors des attaques, et si un loup est tué, la meute comprendra alors vite, très vite que les troupeaux ne doivent pas être attaqués, et elle repartira chasser les proies sauvages qui lui sont destinées. Et oui, pour les âmes sensibles, il faut accepter l’idée qu’un loup, ça mange de la chair fraîche et pas des croquettes !

Il faut savoir qu’en région Paca, le nombre de sangliers continue d’augmenter. Et oui, beaucoup plus compliqués à chasser, le loup préfère s’attaquer aux troupeaux ! Et si un réfrigérateur est grand ouvert devant eux, ils vont à la facilité. Ne faites-vous pas ainsi vous aussi ? Sauf que si vous prenez quelque chose d’interdit et que quelqu’un vous le fait savoir à ce moment là, par une action adaptée, vous ne recommencez pas ; le loup, c’est pareil. Il suffit de trouver l’action juste et adaptée.

Mais qu’advient-il de la situation dans les parcs nationaux et les réserves naturelles où se situent bons nombres de bergers ? Ces zones doivent-elles voir disparaître les troupeaux ? Quel en serait l’impact, les troupeaux participant à la gestion des espaces naturels ?

Dans ce nouveau plan loup, il y est aussi précisé qu’un quota sera établi de l’ordre de 10 % de la population estimée de loups (et là, des dérapages sont possibles. Comment compter des animaux qu’on ne voit pas ?…). En fonction du nombre établi, et du nombre de loups tués par des tirs défensifs, une suspension de ces tirs pourra avoir lieu afin de respecter le quota et ne pas mettre en péril la population de loups. Quota établi, je vous le rappelle, en comptant des loups que personne ne voit…..

Un autre problème, de taille, a été levé pendant cette conférence : les bergers, qui sont l’incarnation d’un mode de vie près de la nature, se retrouvent acculés, et nombreux sont ceux qui commencent à être dégoûtés de cette profession. Certains se voient imposés de construire des enclos entourés par des grilles de 3m de hauteur afin d’y parquer les animaux. Et cela en pleine nature… D’autres se voient interdire l’accès au lac pour abreuver le troupeau, sous prétexte que les animaux détériorent les rives du lac… Bienvenue en absurdie ! Ils renoncent donc. Et le réseau de vente directe disparaît à son tour.

A partir du moment où on mange de la viande, du fromage, du lait, du beurre, de la crème… où veut-on se les procurer ? Auprès de petits producteurs, qui ont un mode de vie près de la nature, où auprès de grands groupes industriels et leurs fermes usines, qui ne considèrent les animaux que comme des marchandises ?

A moins que vous ne préfériez la viande de culture faite en laboratoire, encore une fois entre les mains des financiers, industriels et scientifiques ? Vous ne connaissez pas ? Cliquez ici et découvrez la viande à partir de cellules souches.

Mmmm de la bonne viande synthétique, nourrie avec je ne sais quelle mixture, dont on se demande quelles en seront les répercutions environnementales et physiologiques qu’on ne découvrira que des décennies plus tard… Car une viande fabriquée en laboratoire vibre-t-elle de la même façon qu’une viande naturelle ? Je vous laisse imaginer la vibration de la viande des animaux produits (mot délibérément choisi car on ne peux plus appeler cette horreur de l’élevage) dans les fermes usines. Sans parler des dérives qui pourraient advenir en produisant des végétaux à partir de cellules souches végétales. Dans quel monde voulons-nous vivre ? Une succession d’usines à nourriture, où arbres, forêts, animaux auraient disparus par la folie et la mégalomanie de l’homme qui se comporte en super prédateur ? Waou, faisons gaffe, on sait comment ils ont fini les derniers supers prédateurs (je veux parler des dinosaures bien sûr !).

Autre solution, devenir vegan diront certains. Et on oublie au passage que les végétaux sont eux aussi vivants. Avez-vous lu le magnifique livre « la vie secrète des arbres » ?

Et on oublie aussi l’interaction de toutes les espèces vivantes sur cette planète. Il n’est plus seulement question d’alimentation. Pensez-vous qu’une terre peuplée uniquement d’espèces herbivores soit viable ?

Un lion dans la jungle ne mangera que s’il a faim, sans se demander si c’est juste ou non. Il ne stockera rien dans un congélateur, et, repus, il pourra boire à côté d’un zèbre sans l’attaquer. Idem pour un arbre dans une forêt. Il se nourrira des nutriments apportés par le sol (substances infiniment petites et cependant vivantes elles aussi) et avec la lumière du soleil sans se demander si c’est bien ou non ; L’homme est la seule espèce à en user, abuser à s’en rendre malade, et gaspiller sans compter, signant ainsi sa propre extinction, tout en faisant des leçons de morale et à s’offusquer lorsqu’une espèce animale telle que le loup profite de la situation en chassant dans les réserves de nourriture à pattes (frustrant, certes, mais naturel)…

Il serait grand temps de prendre conscience que tout, sur cette planète, est vivant, des cellules souches et micro algues aux grands mammifères, et que pour s’alimenter, une vie s’éteint pour en nourrir une autre, qu’elle soit d’origine végétale ou animale. Alors, arrêtons de surconsommer et de gaspiller, et développons notre conscience et notre gratitude. Merci !

Nathalie MJ pour Bio dans nos vies – Avril 2018

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