Jacques Alain Lachant, la marche qui soigne par Jane Bradshaw, éco-reporter

Pour le mieux-vivre à saint-Jeannet, Jane Bradshaw offre son temps et sa créativité à de nombreux ateliers et conférences. Elle organise souvent les projections des soirées autour de l’écologie; grâce à son travail nous avons pu voir chez nous à Saint-Jeannet, salle Saint Jean Baptiste, les films  » Demain » et  » Le potager de mon grand-père ». Elle anime avec beaucoup d’autres bénévoles « Les ruchers des baous » au jardin Lazare à l’entrée du village. Jane Bradshaw est pour cette nouvelle page, l’éco-reporter de « Bio dans nos vies » et nous l’en remercions ! Elle a interviewé Jacques-Alain Lachant, ostéopathe qui sera avec nous le 1 octobre pour notre grande journée « Bio dans nos vies grandeur Nature » ; il y animera une conférence sur sa technique, et le lundi 2, un atelier vous accueillera pour participer à la découverte de  » la marche qui soigne « .  Horaires à préciser, inscription obligatoire, auprès de Jane à : janebradshaw@orange.fr. Tél. : 04 92 11 03 66

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                

Jane Bradshaw : J’aimerais faire connaître aux lecteurs et lectrices de BIO DANS NOS VIES une pratique de gymnastique douce qui m’a tout simplement changé la vie ! La marche qui soigne : cette nouvelle approche de la motricité humaine a été développée au fil des années pour ses patients par l’ostéopathe, Jacques-Alain LACHANT.

Jacques Alain Lachant est responsable de la consultation sur la marche à la clinique Mont Louis à Paris où il collabore avec une équipe de chirurgiens, médecins du sport, rhumatologues et autres spécialistes en orthopédie. Il exerce aussi dans son propre cabinet d’ostéopathie.

 

Jane Bradshaw : Bonjour Monsieur Lachant,

J’ai découvert votre thérapie, la marche qui soigne, par le magazine Principes de Santé * et ensuite, dans votre livre paru aux éditions Payot & Rivages en 2013. Ce qui m’a immédiatement plu, c’est que vos conseils sont simples à mettre en pratique dans la vie de tous les jours. Et cela est très agréable car le pratiquant participe ainsi activement à sa remise en forme et, par la suite, à son maintien.

Jacques Alain Lachant : La question centrale, lorsque l’on soigne le corps des humains, c’est de s’intéresser à la motricité ordinaire des patients. La motricité de marche en est un exemple important. De la sorte, cela oblige le praticien à observer ses patients debout, assis, en marche, se penchant etc.. et pas seulement allongés sur la table d’examen ! Tous ces gestes quotidiens peuvent être à la source de pathologies articulaires ou musculaires sans que le patient en ait conscience. Aider les patients à se protéger et se soigner eux-mêmes de leurs défauts gestuels est très rassurant pour eux et de la sorte, ils participent très activement au maintien de leur autonomie de vie.

Jane Bradshaw : Par contre, en tant que praticien, vous comparez votre travail à celui d’un archéologue ce qui requiert de votre part une observation très fine du patient – de sa façon de se tenir, de se déplacer, de s’asseoir… Vous dites que ce n’est pas parce que l’on n’a pas mal que tout va bien ?

JAL : Une part de ce travail ressemble en effet à celui d’un archéologue au sens où nous explorons ensemble l’origine souvent très précoce des désordres de la motricité humaine. Les enfants plagient souvent la motricité et les expressions des adultes qui leur sont les plus proches affectivement ; de la sorte ils se mettent dans les pas de l’autre, au sens propre ! Pour les adultes, marcher sans bouger les bras ou avec la tête penchée en avant vers le sol ou bien encore avec le ventre en avant n’est jamais conscient ni douloureux mais ces défauts de marche qui commencent avant l’adolescence, provoquent dans la durée des traumatismes articulaires par répétition. Un beau jour, l’anatomie n’en peut plus, elle est comme débordée, et ces traumatismes silencieux nous font souffrir alors que les désordres ont démarré bien avant. C’est le cas pour les désordres de la marche ou de l’assise. Ce travail ressemble fortement à une exploration archéologique de l’histoire du vivant. On peut dire aussi que l’observation de la motricité est assez proche du regard du chorégraphe.

Jane Bradshaw : Ce travail exige beaucoup de délicatesse de votre part car vous touchez à ce qui est du plus intime – la construction de la personne effectuée sur tout le parcours de sa vie. Est-ce que c’est pour cela que vous vous êtes formé à l’haptonomie ? Et qu’est-ce que cela apporte à vos consultations ?

JAL : Vous avez raison, ensemble avec les patients nous revisitons l’histoire intime de leur parcours pour s’édifier dans la vie. Souvent certains chemins de vie ont été malheureusement frappés par des traumatismes qui ont hypothéqué davantage leur corporalité, leur équilibre intime et leur équilibre psychomoteur. Pour ceux-là, mon expérience de l’haptonomie comme de la psychosomatique m’aide à un accompagnement plus respectueux, plus sécure, et beaucoup plus juste.

Jane Bradshaw : Si je comprends bien, lorsqu’on pratique la marche qui soigne, il ne s’agit pas de simplement apprendre à « bien marcher » ? Cela apporte des bienfaits bien plus vastes au pratiquant ?

JAL : Bien sûr, la pratique de « la marche qui soigne »permet de découvrir une plus grande sensation de l’espace, de s’approprier une grande légèreté motrice, de se découvrir une vraie sécurité de base, d’être bien chez soi avec une meilleur estime de soi. Par essence, « la marche qui soigne » permet de développer une grande présence à soi-même et aux autres. Nos articulations en profitent largement !

Jane Bradshaw : En fait, la marche qui soigne s’adresse à des patients de quel âge ?

JAL : Mes patients les moins jeunes sont largement octogénaires, les plus jeunes sont des tout-petits qui sont en train de se verticaliser pour élaborer leur motricité de marche; ils ont environ 15 mois..!

Jane Bradshaw : Votre méthode est d’une étonnante efficacité avec des résultats tellement spectaculaires qui vont parfois au-delà de vos attentes. Pouvez-vous nous donner un exemple ?

JAL : Oui, je pense en particulier et avec beaucoup de tendresse à une patiente octogénaire, médecin et professeur de psychopathologie infantile. Elle se déplaçait depuis des années, pliée en deux presqu’à angle droit et était chuteuse. Elle venait me consulter pour des douleurs rachidiennes violentes sans m’avoir dit qu’elle était chuteuse ! Au cours de la première consultation, je lui ai proposé de modifié sa marche en lui demandant d’intégrer le mouvement de ses mains dans la marche et de propulser. Son passage par ma table d’examen fût conventionnel et très bref. Toujours est-il que la semaine suivante, elle vint me voir et me sauta au cou en me disant avec un large sourire : « J’ai muté, mes copains dans la rue me reconnaissent pas tant je me suis redressée ! » Par la suite, nous avons fait ensemble un merveilleux parcours de soins qui l’a aidée à trouver une réelle verticalité physique et une profonde sécurité affective. Ce fût une très belle rencontre réciproque.

Jane Bradshaw : Vous vous êtes intéressé à la motricité et aux problèmes qui y sont liés depuis un très jeune âge. Vous décrivez dans votre livre un personnage que vous rencontriez régulièrement sur le chemin de l’école dont la démarche vous avez fasciné.

JAL : Oui, je crois que vous faites allusion à Alberto GIACOMETTI. Je croisais ce bel homme rue d’Alésia. Il était beau avec sa tête et sa chevelure d’empereur romain. Ce qui était singulier chez lui et qui a dû attirer mon attention d’enfant, c’était sa marche, celle que décris dans mon livre et que j’ai retrouvé plus tard chez d’autres personnes comme John. Ce qui m’a interpellé ce sont les similitudes entre sa marche très singulière et ses sculptures de l’homme qui marche. Au fond, je crois que comme tous les enfants j’étais très observateur du corps et des gestes de mes contemporains. C’est la raison pour laquelle les enfants sont généralement de merveilleux imitateurs de leurs proches et de leurs professeurs… !. Mais je l’avoue, j’ai eu beaucoup de chance de le croiser régulièrement, tout comme Georges BRASSENS qui habitait le quartier, impasse Florimont. J’ai d’ailleurs eu le grand privilège de recevoir très récemment un des derniers modèles d’Alberto GIACOMETTI qui ne marche guère mieux que lui. Comme le monde est petit et passionnant !

JOURNEE « BIO DANS NOS VIES GRANDEUR NATURE » –

Le dimanche 1er octobre 2017 à 11h à la salle Saint Jean-Baptiste à Saint-Jeannet : rendez-vous avec Jacques-Alain LACHANT pour une conférence « la marche qui soigne » (entrée libre) suivie par une dédicace de ses livres.

 

Le 2 octobre atelier de Jacques-Alain Lachant à Saint-Jeannet. Tous les renseignements : à janebradshaw@orange.fr. Tél. : 04 92 11 03 66

 

 

*Entretien dans le magazine Principes de Santé juillet/août 2013 :

Interview – Principes de santé – Le journal de la médecine naturelle n°58 – Juillet-Août 2013

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