Derrière les grands noms du cinéma : Michel Carliez, cascadeur

Michel Carliez a été appelé par les grands réalisateurs du cinéma français et étranger (Rappeneau, Zidi, Oury, Braoudé, Frears…) et a gravé son nom aux génériques de nos films préférés. Maitre d’armes, cascadeur émérite, coordinateur de cascades, il est aussi comédien. Il fut la doublure de Gérard Depardieu sur le film Cyrano de Bergerac. Parmi ses interventions, on peut citer entre autres les films  Le Hussard sur le toit avec Juliette Binoche et Olivier Martinez, Le Bossu avec Daniel Auteuil et Vincent Pérez, Fanfan la Tulipe encore avec son fidèle complice Vincent Perez, Julie, chevalier de Maupin avec Sarah Biasini, Ne le dis à personne de Guillaume Canet. Dernièrement, il fut aussi le partenaire de Gérard Lanvin, dans le controversé “Angélique“. Bande annonce du film, avec Michel : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19539555&cfilm=209768.html

Homme de coeur, sportif confirmé, il entraine, aide les comédiens à entrer dans leurs rôles, et les transforme en mousquetaires ou chevaliers.

 

Pour « Bio dans nos vies », il répond à nos questions:

 

Raconte nous ton parcours, tu es un enfant de la balle ?

M.C. : Scolarité normale, puis études à lʼuniversité du sport que représente lʼINSEP. Parallèlement je suis des cours dʼArt Dramatique et effectue plusieurs passages à lʼEcole du Cirque. Quelques stages de montage auprès de ma soeur qui était monteuse. Puis Service Militaire au Bataillon de Joinville de Fontainebleau, où durant cette année je fais partie de lʼEquipe de France Militaire dʼEscrime. Retour à la vie civile. Mes qualités sportives me permettent dʼintégrer, pas à pas, lʼéquipe des cascadeurs de Claude Carliez. (Sortir de la vie militaire et se retrouver sur un plateau de tournage à doubler Rudolf Noureev puis mourir dans les bras de Nastassja Kinski, la transition fût émouvante !) De par le passé familial, suis-je un enfant de la balle ? Je dirai, un demi. Mon père ne mʼa que très rarement emmené sur les plateaux, et ne mʼa jamais poussé dans ce domaine (et il avait raison). Mais vers lʼâge de 18 ans je lui ai demandé de mʼorienter vers son métier ; car bien que le montage mʼintéressait, rester enfermé dans une salle de montage toute la journée cela nʼétait vraiment pas possible. Pas à pas, jʼai continué à me former, appris avec les plus anciens, hésité avec le métier de comédien, et mis mes compétences sportives et artistiques au service du rêve cinématographique.

Quʼest ce que tʼa transmis ton papa célèbre, Claude Carliez, dans ce métier du cinéma? (ndlr : Claude Carliez est un maître d’armes et cascadeur). De Jean Marais, en passant par Jean-Paul Belmondo, et Alain Delon, il fut le coordinateur des cascades de la plupart de leurs films, et collabora à de nombreuses productions étrangères dont deux James Bond : Moonraker et Dangereusement vôtre. Il présida l’Académie d’armes de France).

M.C. : Le problème quand on est “fils de“: se faire un prénom et surtout mériter le privilège que confère le lien familial, qui permet dʼêtre là plus facilement que les autres… Ce que mʼapprit humainement mon père, dans le domaine professionnel, cʼest lʼhumilité, lʼesprit dʼéquipe, et que les erreurs (si elles sont minimes) permettent de progresser. Se remettre en question, et surtout ne jamais oublier quʼon nʼest pas invincible. A delà de ça je dirai quʼun cascadeur ne doit jamais se considérer comme une star, il est lʼun des maillons qui permet à lʻacteur de briller. Et parfois, il nous arrive dʼêtre une étoile filante.

Avec qui as tu travaillé ?

M.C. : Ayant travaillé comme Cascadeur Exécutant, puis aujourdʼhui beaucoup plus comme Coordinateur Cascades, jʼai été amené à collaborer ou à “diriger“ des comédiens de notoriété diverse. Parmi les plus connus, G.Depardieu, D.Auteuil, V.Perez , Ph.Noiret, S.Marceau, G.Canet, Keanu Reeves, John Malkovich, Marie Gillain, G.Lanvin, Henry Thomas (le petit garçon qui jouait dans E.T – Lui, pas moi), etc… Et parmi les réalisateurs les plus connus, Gérard Oury, Claude Zidi, Samuel Fuller, Stephen Frears, Patrick Braoudé (un des amis de “C’est Bio La Vie à…“), Bertrand Tavernier, Gérard Krawczyk, Philippe de Broca, Jacques Audiard, Luc Besson, Guillaume Canet, et le très talentueux Jean-Paul Rappeneau (dont je me flatte de participer cet Eté à son prochain film : “Belles Familles“)

Quʼest ce qui te plait dans le métier de maître dʼarmes? De cascadeur?

M.C. : De part mes compétences et lʼhéritage familial des films de cape et dʼépées avec jean Marais, lʼescrime a certes une grande place dans mon univers. A la différence dʼune cascade, moment souvent très court, le combat est «une chorégraphie» au cours de laquelle on raconte une histoire. On parle en escrime de phrases dʼarmes, ce qui nous rapproche beaucoup dʼun dialogue, et donc du jeu de lʼacteur. Mais le diplôme de Maître DʼArmes dont jʼai le titre ne confère pas la sensibilité artistique. Ce sont les connaissances diverses, ajoutées aux techniques de ce domaine, qui permettent de raconter de nombreuses histoires avec un peu plus de subtilités et de possibilités.

A en croire la vox populi, le cascadeur fait rêver par ce seul mot. Une cascade (chuter dʼun immeuble ou dʼun escalier, une torche humaine, exploser sous une grenade, tomber avec ou de son cheval) ou dʼautres moyens dʼexpression comme se battre tel un samouraï ou un mousquetaire etc… Toutes ces actions sont dynamiques et souvent assez spectaculaires. Elles provoquent aussi lʼadrénaline excitante dont tout sportif devient addict. Sans être inconscient ou suicidaire, cʼest jouer techniquement et artistiquement avec le risque, et sʼefforcer de le maitriser. En tant que coordinateur de cascades, jʼai aussi le plaisir dʼêtre au plus proche de lʼhistoire que souhaite raconter le metteur en scène, et de concevoir de plus ou moins grandes scènes dʼaction. On fait aussi de belles rencontres professionnelles parfois avec certains acteurs.

Les acteurs et les techniciens du cinéma ont ils une écolo-attitude sur un spectacle; lʼintendant du film pense t-il à faire des économies ?

M.C. : Depuis peu, on remarque sur les plateaux une certaine volonté écologique.On incite
ceux qui le peuvent à se déplacer en transport en commun. La Table Régie (endroit où lʼon peut prendre un encas) se voit de plus en plus affublée de verres nominatifs réutilisables. Le régisseur incite lʼéquipe à ne plus utiliser le jetable.

Et toi as-tu au quotidien une écolo-attitude?

M.C. : En ce qui me concerne, je ne suis pas un grand écologique. Mais je mʼy efforce : Le simple geste de ne pas laisser couler lʼeau du robinet si elle nʼest pas nécessaire. Je ne prends pas un sac plastique dès que je fais un achat. J’achète des médicaments génériques. Et bien sûr le tri sélectif des déchets domestiques.

Parle nous de tes habitudes alimentaires ?

Ayant une profession sportive, jʼai plutôt tendance à manger sainement, et à éviter “les mauvaises graisses“. Privilégier le bio quand cʼest possible, et les produits de saison (les carottes râpées pourquoi pas, mais je préfère un bon chou-fleur cru !) Je ne suis pas végétarien, mais je peux me laisser porter par les amies qui ont cette préférence. Donc, rien nʼest perdu !

As tu des idées pour faire avancer les mentalités en faveur de lʼenvironnement ?

M.C. : Le problème quand on veut défendre une pensée, cʼest quʼon a souvent tendance à scléroser tout ce qui nʼirait pas dans cette direction. Jʼestime donc que la tolérance est le maître mot de toute société qui souhaite favorablement évoluer. Faire avancer les mentalités, notamment du coté nutritionnel, serait de faire en sorte que les produits bio soient plus accessibles et surtout plus économiques quʼils ne le sont ; du moins dans les grandes villes. Et aussi, sensibiliser les enfants à lʼécole me paraît être un point important. Revenir à une économie où la consommation ne serait pas le maître mot : réparer ce qui peut lʼêtre (ce qui donnerait par ailleurs de lʼemploi)

Crois tu que la France pourra être un bon élève en matière de protection de lʼenvironnement?

M.C. : La mentalité des Etats change, et donc celle de La France aussi. Le refus des OGM me paraît être une volonté aussi nationale, donc cʼest plutôt bien. La protection du littoral est largement engagée, et jʼai lʼimpression que la volonté commune vise à la protection de lʼenvironnement. Développer un large marché de véhicules hybrides à bas prix me semble pour lʼinstant un peu délaissé. Jʼai personnellement un 4X4 pour raisons professionnelles, et je suis au diésel pour raison économique. Je voudrais que ma démarche soit écologique dans ce domaine (et je ne pense pas être le seul), mais ce qui nous est proposé aujourdʼhui est financièrement élevé. Il faut donc que les Etats aient une démarche qui favorise les constructeurs à développer des possibilités bon marché. Je pense aussi que nous avons un grand effort à faire du côté des énergies renouvelable. Mais nous avançons, ce qui nʼest pas à négliger.

Un mot pour notre site ?

Votre site, est certainement à lʼimage de ces femmes qui ont compris que pour avancer il faut sensibiliser et inciter avec le sourire. Les bonnes idées, le charme qui suggère mais qui nʼimpose pas, les bonnes adresses, les rencontres que vous faites partager, et bien sûr le soleil du sud qui vous donne bonne mine et que vous transmettez. Tout cela concourt à vous faire connaître, et à intéresser. Le titre même de votre site est un appel à la joie et au bien-être. Juste une remarque “négative“ : vous aimez tellement votre sud quʼon ne vous voit jamais:) Mais sans doute est-ce pour susciter lʼenvie, et le plaisir de vous lire !

BdnV… : Merci Michel pour ton enthousiasme et bonne chance pour les films à venir.

P.S. pour www.biodansnosvies.fr

 

 

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